mardi 14 juin 2022

Comment naissent les livres...

Quentin Gréban est un grand auteur-illustrateur. C'est un fait. Moi, je ne fais que des textes (" C'est déjà ça" m'a dit un jour un monsieur, un peu désolé pour moi). Lorsque je demande aux enfants pourquoi je ne dessine pas, à leur avis, je vois bien qu'ils n'osent pas me vexer. Jusqu'à ce qu'il y en ait un, un peu moins diplomate, qui lance : "Parce que tu dessines mal !"

Ben c'est vrai. J'admire tellement ceux qui dessinent ! En dédicace, à côté d'un illustrateur, j'en oublie de faire mon job. Je regarde le crayon marcher tout seul, car c'est ce qu'on dirait, pendant que le dessinateur-trice semble penser à tout autre chose, parle, rit...

Quentin, par l'intermédiaire de notre éditeur, m'a envoyé des dessins. On y voyait un petit koala, en slip. Et quelques phrases : "A la piscine, le petit koala réalise qu'il ne retrouve plus son pantalon. Tout le monde va voir son slip à fleurs."

Il voulait une ambiance "Amérique années 50, les diners, etc".







Et comme un jeu, il m'a dit "A toi !"
C'est ce que j'ai fait. D'habitude, ça ne fonctionne jamais comme ça : au commencement, il y a le verbe. Et puis les dessins ensuite.
J'ai adoré faire ça. J'adore le résultat. Il est tendre et drôle, ce petit koala. Il s'affranchit du regard des autres avec courage. C'est un cadeau pour tous ceux qui n'osent pas se montrer tels qu'ils sont, tous ceux qui ont honte. Allez, en slip, petit koala, tu es formidable ! Sois fier de toi !
Merci Quentin ! Tellement merci ! Inspirant, c'est l'adjectif qui me vient : ton dessin a entraîné tellement de mots dans ma tête ! Dis, on en fera d'autres, hein ?
PS : sortie le 15 septembre...








jeudi 10 février 2022

Le feuilleton des Incorruptibles

Le prix des Incorruptibles est un prix littéraire dont les jurés sont uniquement des enfants. Les enfants lisent les livres préselectionnés et élisent leur préféré. En parallèle, il y a des activités qui sont proposées aux classes inscrites : des correspondances avec les auteurs mais aussi l'écriture d'un feuilleton quasiment en direct, à l'ancienne ! Tous les quinze jours, l'auteur propose un chapitre et les enfants réagissent. Ils sont donc tout à la fois lecteurs, éditeurs, critiques... Le rôle de l'auteur est multiple, il doit écrire un roman, bien sûr, mais il doit aussi inclure les classes dans le processus et répondre aux lettres. J'ai adoré. Les six classes, des CE2, CM1, en majorité m'ont imposé un rythme bien balancé, ils se sont montrés curieux, marrants, pertinents, créatifs, affectueux. Ils m'ont bombardée de réflexions, d'hypothèses (ils m'ont souvent obligée à changer ce que j'avais prévu, perspicaces qu'ils étaient ils prévoyaient la suite !). Oui, j'ai pas mal gambergé pour les surprendre. Ils ont été généreux, incroyablement ! Je voudrais partager quelques extraits de leurs courriers, de mes réponses, vous montrer leurs dessins, leurs idées... Merci à leurs maîtresses, tellement investies, à fond, bienveillantes. morceaux choisis :
une lettre
Chère Christine, 
Nous sommes d’accord pour que tu mettes nos dessins sur ton blog, on ira le voir. 
 Ton 6ème chapitre était génial. C’est bien que ça se termine bien, que les enfants restent amis. On avait deviné. 
 Ton livre est très intéressant parce qu’il y a des secrets, du suspens. 
 On a appris plein de mots nouveaux. 
On se demande quel sera le titre
 On a fait un vote en classe avec les 4 titres que nous avions trouvés : Tim et Sara, Une nouvelle vie, Les amoureux, Le secret, c’est Une nouvelle vie qui a eu le plus de voix. 
A quel éditeur vas-tu demander pour que le livre soit publié ? S’il sort, est-ce qu’il y aura une suite ? 
On espère que toi aussi, tu es en vacances. 
Voilà, on trouve que notre projet s’est bien déroulé, on est triste que ce soit la dernière lettre.
 Au revoir Christine, Les élèves de l’école Lucie Aubrac 

Quelques mots des élèves : Ilan : « On est content de t’avoir parlé. » 
Alice : « J’suis contente que nos propositions soient dans le livre. » 
Enzo : « Elle était bien votre histoire. » 
Thiago : « Au revoir Christine, j’ai été heureux de te connaître. »
 Chloé : J’aime bien que tu aies mis ma blague dans ton livre. » 
Lina : « On a beaucoup aimé écrire ce livre avec toi. »
 Eléna : « j’suis contente d’avoir lu ton livre. » 
Gabin : « J’ai aimé faire ta connaissance. » 
Mayana : « J’espère que ton livre sortira. » 
Laïna et Ninon : « Je suis contente d’avoir fait un livre avec toi. »  Lola : « Je suis contente d’avoir parlé avec toi. » 
Giuliano : » J’étais content de lire ton livre. » J’aimerais bien te voir en vrai.
 La maîtresse : Merci pour ces échanges, cela a été un vrai bonheur de partager les lectures, les courriers avec vous et mes élèves. Et comme eux, je suis un peu triste que ça s'arrête.

Moi aussi, je suis triste que ça s'arrête...

samedi 8 mai 2021

En attendant les jours meilleurs

 Ca fait longtemps que je n'ai pas posté des oeuvres de mes petits chouchous...

La consigne était : "Tu commences par un triangle"



Des déclarations d'amour aussi magnifiques que spontanées...





Un petit chaperon rouge en plein burn out



une famille avec deux mamans-reines aussi belles l'une que l'autre




Une souris, ça a quatre pattes, c'est tout. Elle peut aussi avoir deux bras...



                                    Une biographie de mon "Esmée" vraiment touchante.


                                        Une petite souris avec des piercings

samedi 17 avril 2021

Comme un auteur jeunesse sans enfants...

 Malgré ce putadebordechian  coquinou de virus, on essaie de faire des choses. Alors, des choses modestes, hein, mais des choses tout de même. J'ai pu parler à des enfants, en visio, jusqu'à Madrid ! C'était pas simple, on était tributaires de la technique, ça faisait drôle de parler avec des enfants au visage masqué, c'était absolument épuisant mais on l'a fait ! Et c'était merveilleux !

On a aussi fait des échanges écrits, ça tombait bien, finalement, de ne pas pouvoir se voir, ça nous a permis de redécouvrir une fonction essentielle de l'écriture : communiquer ! (et faire marcher la Poste) !

Ce qui est dingue, on en parlait avec les collègues auteurs, c'est que les quelques rencontres qu'on a pu mener à bien ont toutes été extraordinaires ! Pareil pour les lettres et mails.



A quoi c'était dû ? Au fait que les maîtres qui ont tout de même embarqué leurs classes là-dedans sont forcément des mordus- aventuriers, des Indiana Jones de leur classe ? Au fait que c'est rare, donc précieux ? Au fait qu'on ne pourra pas faire grand chose cette année alors profitons de la pépite ? Au fait que les enfants sont avides de nourritures intellectuelles ? 

On ne sait pas bien, mais toujours est-il qu'on m'a posé des questions incroyables, que j'ai eu des dessins, textes, commentaires d'une fraîcheur et d'une luminosité insensées !

Big up à tous ceux qui tiennent le coup... Et pour les rencontres annulées, promis, on se retrouve vite !

vendredi 28 août 2020

Je suis la Résidente !

 On est vendredi soir et je suis dans l'état qui m'est propre après des interventions auprès d'enfants : épuisée et heureuse, lessivée et joyeuse, laminée et enthousiaste. Je ne peux plus parler mais j'ai envie d'écrire comme jamais !

Une semaine entière à Pont-à Mousson, trois jours à Nancy, à triturer l'imaginaire, sortir les mots, débloquer les peurs, rassurer, rigoler.

C'est que l'enjeu est de taille, pas question que les enfants repartent avec des émotions en demi-teintes, pas question de voir du mou ou du flou sur leur visage. Je veux rien moins que les embarquer, les scotcher, les décoller (oui, je sais, c'est contradictoire de scotcher pour décoller, je sais) ! Je ne veux pas en laisser un seul sur le carreau, pas question.

Parce que là, je ne suis plus enseignante. Avec ma casquette de prof, j'accepte qu'ils n'aient pas trop envie, qu'ils fassent par habitude, qu'ils s'exécutent par mollesse. J'accepte aussi que la réussite ne soit pas éclatante, triomphante, que certains restent en retrait pour une raison ou une autre. Je me dis que ce n'est pas grave, que je les "choperai" une autre fois. Je les vois tout le temps, pendant les quatre ans du collège, je trouverai bien le moyen de leur faire aimer la lecture, de développer leur imaginaire, de les voir se créer leurs propres images, de leur apprendre à s'échapper de l'ennui ou du chagrin le temps d'un livre.




Mais là, c'est du one shot, faut y aller la Kiki ! Il faut mouiller la chemise, lire des textes avec la bonne émotion, raconter la création d'une histoire avec suffisamment de vivant, d'anecdotes et de rires.

Oui, faut y aller, mais faut aussi se mettre en retrait pour leur faire de la place, laisser du temps au silence pour que leurs mots s'installent. Il faut savoir être juste là, à sécuriser, à dire simplement "Mais quelle bonne idée !" ou "Ben si tu veux que ton étoile de mer ait des ailes, et bien ton étoile de mer a des ailes, tu es le chef de ton histoire !".






Je tiens à bien leur préciser, à chaque fois : rien n'est obligé, ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas écrire me dictent leurs phrases. On a le droit de se lever, d'arrêter pour aller jouer ou pour faire le tour des tables, ou pour ne rien faire du tout. On est là pour bien s'amuser.

Rien n'est obligé mais il y a des trucs pour ne pas rester sec devant sa feuille : choisir qui est son héros, quel est son problème, décider s'il va le résoudre et comment, préférer une fin heureuse ou triste... Beaucoup de responsabilités, tout de même, on ne fait pas crever un pingouin dans le désert comme ça ! On y réfléchit à deux fois avant de le couiquer !


Vous savez quoi ? C'était super parce que pas un seul, pas UN SEUL ne s'est bloqué, n'a soupiré, en une semaine et de nombreux groupes. Je n'ai pas vu la souffrance que je constate régulièrement avec des classes.  A quoi est-ce dû ? Au contexte ? A la bienveillance des animateurs et d'Aline ou Catherine, les médiathécaires ? A la dynamique du groupe ? Au lieu ? Au fait qu'on ait respecté notre parole et qu'aucun enfant n'a été "poussé" ?

Bon ok, beaucoup étaient volontaires, je prêchais un peu des convertis sans doute, ok, ok, on ne s'emballe pas ! 

Mais tout de même, il en était qui n'avaient pas la moindre idée de ce qu'ils venaient faire, il y avait des dyslexiques, des petiots avec des retards de langage, un qui m'a semblé être autiste...

Tous sont repartis avec leur livre, fini ou pas, illustré ou pas. Tous l'ont signé avec plaisir, ce que je n'obtiens pas toujours en cours : parfois, les enfants sont si peu fiers d'eux qu'ils refusent de revendiquer leur travail. 






Tous ont dit qu'ils reviendraient ou qu'ils referaient d'autres histoires, ou qu'ils avaient envie de montrer leur oeuvre, enfin, quelque chose de positif.

Je suis contente. Vraiment.


mardi 28 juillet 2020

Esmée

Encore une fois, j'ai pocarst, portartiné, sporcrastiné, je n'ai pas profité du confinement pour mettre à jour ce blog. J'ai honte, déjà que j'ai même pas de site... Pourtant Esmée, qu'est-ce que j'ai envie d'en parler !
Je vous mets le pitch, et je vous en cause après :
Depuis quelques temps, la tranquillité des morts du cimetière des Bosquets est troublée par des appels de vivants ! Ils décident d’envoyer Esmée, une adolescente morte au XVIIIe siècle enquêter sur ces étranges phénomènes.
Stupéfaite, émerveillée, horrifiée mais aussi fascinée, Esmée va découvrir la vie des ados d’aujourd’hui. Sa vie, ou plutôt sa mort va en être bouleversée…
C'est seulement ma deuxième BD mais je sais déjà que j'adore ça, écrire des scenari (des scénarios, selon que vous êtes puristes ou juste pas compliqués). C'est chouette parce que, moi qui ne sais pas dessiner, je peux décrire le dessin que j'imagine et en confier sa création à un vrai illustrateur. Parce qu'un scénar de BD, ça se fait comme ça :
Page une, 8 illustrations. Première case : une jeune femme, habillée XVIII siècle se prépare, devant une coiffeuse. Derrière elle, une femme à l'allure sépulcrale et à  l'air anxieux. La femme : "Tu es sûre ?", Esmée : "Oui, je vais le faire". 
Et ainsi de suite. 
Je peux me faire un film, c'est royal !
Bref, "Esmée" a paru et elle est un joyeux mélange de Candide et de Jo March, la fille du docteur féministe et intrépide.
L'illustratrice, Maëlle Schaller a su créer un univers à la fois contemporain et fantastique, j'aime beaucoup ! La parution du tome 2 dépendra, comme souvent, des ventes de ce premier opus. La pauvre Esmée, elle est sortie quelques jours avant le confinement, j'espère que ça ne va pas lui couper les ailes !

Vole, petit écureuil ! Envole-toi !!!

vendredi 10 avril 2020

des liens pour mes vidéos


Confinement exige, j'ai décidé de soulager les pauvres parents exangues en me chargeant de l'histoire du matin, du milieu de matinée, d'avant la sieste, du goûter, du soir, de la nuit (barrer les mentions inutiles si vous avez la chance d'avoir des enfants pas trop exigeants)






Comment naissent les livres... Quentin Gréban est un grand auteur-illustrateur. C'est un fait. Moi, je ne fais que des textes (" C&...