dimanche 22 mai 2011

The cherry on the cake


Chapitre 1 : la mairie d’une petite ville me contacte : « Nous proposons tous les ans à nos écoles d’inviter un auteur. Cette année, c’est vous ».
Bon, ok.
Chapitre 2 : 
Mail d’une des écoles proposées : « Alors, chère Madame, c’est quoi votre petit programme ? »
Je réponds que je n’ai pas de séance toute faite étant donné que je ne suis pas vendeuse d’appareils à découper les tomates en forme de fleur, ni de produit miracle pour nettoyer les taches d’herbe sur les shorts blancs. Evidemment, je ne le dis pas comme ça, j’annonce que je me coule dans leur projet : jeu de questions-réponses, atelier d’écriture, anecdotes d’écriture, présentation de manuscrits, de maquettes, etc. En gros, j’explique que je suis une cerise sur le gâteau.
Chapitre 3. Il ne se passe rien. Les mois passent. Tout est calme.
Chapitre 4 : le vendredi après midi, coup de fil de la mairie : «  Voilà, pour ce lundi, c’est annulé ».
-         Ah bon ?
-         Euh,  ben oui. Les maîtresses n’ont rien préparé et comme vous aviez demandé de préparer quelque chose…. »
 Bref, comme il n’y a pas de gâteau, c’est pas trop la peine de faire venir la cerise (ou la poire ?)
Pas le temps de préparer ? Si on ne prend pas le temps, en CP de lire trois ou quatre albums aux enfants, on fait quoi ? Du déchiffrage ? Ca doit leur donner envie d’apprendre à lire, c’est certain !
Et puis, ce qui me questionne par-dessus tout, c’est la considération des enfants dans tout ça. Que leur a-t-on dit ?
« Alors, voilà, une dame viendra un lundi et puis vous verrez bien, pendant ce temps-là, je finirai mon sudoku… »
Ou alors, on ne leur a rien dit ? Cela m’est déjà arrivé : je me pointe dans l’école, frappe à la porte, entre. Vingt-cinq petites bouilles médusées : « C’est qui celle-là ? ». Et moi : « Bonjour les pitinenfants, vous savez qui je suis ? Non ? Vous savez pourquoi je suis ici ? Non ? Vous connaissez mes livres ? Non ? Bon, je vais vous faire double salto arrière suivi d’un triple lutz, ça vous irait ? »
Bref, on « consomme » des auteurs, comme ça, sans amont, sans aval. Ca coûte des sous (enfin, pas cette fois, puisque, bien sûr, je ne serai pas payée) et c’est aussi efficace qu’une crème anticellulite.
C’est pas grave, de toute façon, je préfèrerais me faire dévitaliser une dent que de revivre ce genre d’intervention.
Mais, et c’est pas pour nous vanter, dans mon bahut (oui, je suis aussi prof !), quand on invite un auteur, les enfants l’attendent de pied ferme. Avec des gâteaux maison, surmontés (ou pas) d’une cerise.
Epilogue : lundi, quand je bouquinerai dans mon jardin, je ne serai plus du tout mécontente…